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Burn-out

Le burn-out ou syndrome d’épuisement professionnel


Bien que le stress au travail fasse partie de la vie de chacun, un stress prolongé et chronique peut entraîner, ce qu’on appelle un épuisement professionnel, un “Burn-out”.


Insidieux et progressif, nombreux sont ceux qui qualifient le burn-out comme étant “le mal de notre siècle”.



Les médias s’en délectent, les gens en parlent et les psychologues reçoivent de plus en plus de personnes épuisées dans leurs cabinets. Un terme aujourd’hui tellement vulgarisé, qu’il est souvent utilisé à tort et à travers, alors finalement le burn-out c’est quoi ?


 

Le Burn-out ... Qu’est-ce-que c’est ?


Ce syndrome (regroupement de différents symptômes) a d’abord été observé chez les personnes travaillant dans le domaine de la santé et bien qu’elles soient tout particulièrement exposées, on sait désormais que le burn-out touche tous les métiers.


Il faut rappeler qu’il ne s’agit pas encore d’un diagnostic officiel dans les classifications médicales de référence (DSM-V), mais force est de constater que ce syndrome existe et que de nombreux travailleurs et étudiants en souffrent.


"Le burn-out, c’est quand le travail rend malade"

Le burn-out est un « épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel » (Schaufeli & Greenglass, 2001). L’épuisement professionnel est toujours en lien avec une accumulation de stress dans la sphère du travail sur une période prolongée (généralement un minimum de 6 mois).


 

Qu’est-ce que ce n’est pas ?


On a tendance à confondre le burn-out avec un stress, une dépression, de l’anxiété mal gérée ou encore une fatigue prolongée, mais ce n’est pas la réalité des choses. L’épuisement professionnel est avant tout un processus, une dégradation progressive de vos capacités, qui se met lentement en place, mais ….

Le burn-out n’est pas :


Un stress

Le stress est une émotion banale de notre vie quotidienne qui peut se manifester dans toutes les sphères de notre vie (amour, famille, maison, travail, …). Le burn-out est spécifique au stress (chronique et aigu) associé au travail.


Un trouble mental reconnu dans le DSM-V

En effet, le burn-out n’est pas un terme médical officiel et n'est pas encore reconnu comme étant une maladie. Mais, c’est un syndrome regroupant un ensemble de signes cliniques et de symptômes apparaissant progressivement.


Une dépression


Qui elle, s’étend à tous les aspects de la vie, nécessite un traitement global et décrit un « état » chez une personne . Le burn-out, lui, s’exprime toujours et en premier lieu, dans la sphère professionnelle et est un « processus » de dégradation de son rapport au travail.


Attention tout de même, car au-dessus du burn-out plane l‘ombre de la dépression, d'où la nécessité de prendre soin de soi au travail.




Mais venons-en maintenant à comment se développe un burn-out…

 

Une sournoise progression vers l’épuisement


L'épuisement professionnel n’apparaît donc pas brutalement, il s’installe progressivement et se glisse dans notre vie de manière insidieuse. 4 grandes étapes ont été décrites dans le burn-out (Salembier-Trichard, 2019), les voici :


L’enthousiasme

La 1er étape, celle où tout semble bien aller. À ce stade, notre niveau d’énergie est très haut ! On est plein d’enthousiasme avec des ambitions et des objectifs à atteindre. Et même si c’est exigeant ou que les conditions de travail ne sont pas toujours favorables, on arrive encore à ce stade, à ressentir une certaine satisfaction dans son travail et à garder un certain sentiment d’efficacité personnel.


Le surinvestissement

On plafonne ! C’est à cette étape que l’on réalise que nos efforts acharnés et constants ne nous conduisent pas là où l’on le souhaitait (la carrière stagne, les efforts ne sont pas reconnus, la satisfaction au travail ne grandit pas). Le travail continue d’exiger plus de nous ou on continue de se fixer des objectifs toujours plus élevés. Soir, week-end, on ne déconnecte plus psychologiquement du travail, que ce soit avec les courriels, messages, pensées, ... !


La désillusion

La 3ème étape est celle des signes cliniques. Irritabilité, isolement, ressentiment, impatience, trouble du sommeil, trou de mémoire, … apparaissent. Au-delà de la simple fatigue, l’épuisement s’installe. On commence à perdre espoir, à ne plus voir la fin du tunnel, effort et ardeur au travail ne sont ni reconnus, ni appréciés.


Le burn-out

La dernière phase, le burn-out est là. Les réserves d'énergie sont brûlées, on se sent complètement épuisé émotionnellement, physiquement et mentalement. L’intérêt que l’on avait au début pour notre travail, s’est effacé et on est tout simplement plus capable de travailler (ce sont les capacités qui nous manquent, ce n’est absolument pas une question de volonté).



Ces 4 étapes sont le reflet d’un cheminement progressif, mais quels sont les signes cliniques d’un burn-out, autrement dit à quoi un médecin, ou un psychologue reconnaît un épuisement professionnel ?

 

Les signes du Burn-out


Les signes cliniques observés dans le burn-out marquent toujours une rupture avec l’état préalable à l’épuisement. Autrement dit, vous étiez capables de travailler efficacement et rapidement, de rendre vos dossiers ou travaux dans les temps, d’ouvrir vos mails professionnels sans avoir la gorge qui se serre, mais depuis quelques mois, ce n’est plus le cas…..


5 grandes manifestations traduisent le burn-out, chacune étant plus ou moins importante et variant en intensité d’un individu à l’autre (Maslach & Leiter, 2011):


Signes physiques

Commençons par les signaux qui amènent le plus de gens à consulter leur médecin pour épuisement, les signes physiques. Ceux que votre corps vous fait ressentir, lui non plus, n’arrive plus à tenir face à l’accumulation de stress au travail et cela provoque :


  • Des troubles du sommeil

  • Une fatigue importante et chronique due à un sommeil non-réparateur

  • Des tensions musculaires rachidiennes (dos, nuque, épaule) qui se transforment en douleurs

  • Une prise ou perte de poids

  • Des maux de tête

  • Des nausées

  • Des vertiges

  • Des crampes


Signes cognitifs

En seconde place des motifs de consultation les répandues pour cause de burn-out, nous avons les signes cognitifs. Ils peuvent être aussi troublants à expérimenter que les signes physiques, avec :


  • Des pertes de mémoire : comme des oublis de rendez-vous, de tâches

  • Des difficultés attentionnelles : des fautes et des erreurs que vous ne faites pas habituellement

  • Des difficultés exécutives : les fonctions exécutives jouent un rôle crucial dans la régulation émotionnelle et cognitive. En cas de burn-out, la résolution de problèmes, la planification, les capacités de raisonnement, la concentration, l’organisation et la flexibilité mentale sont altérées. Par flexibilité mentale (ou cognitive), je fais référence à la capacité à passer de manière flexible d’une tâche à une autre, comme le fait d’être en train de vendre à un client un produit au téléphone et de devoir le mettre sur pause pour répondre à un courriel important sur un autre sujet.

Signes émotionnels


Difficile de rester de marbre quand l'épuisement s’installe. On ne se reconnaît plus, on se sent moins efficace au travail, les symptômes émotionnels apparaissent alors avec les autres, comme pour nous mettre en garde que quelque chose ne fonctionne pas.


Malheureusement, peu sont ceux qui y prêtent attention. En effet, ils sont souvent peu abordés par les personnes souffrant d’épuisement professionnel, la honte ressentie y étant pour beaucoup, mais il ne faut pas sous-estimer les effets néfastes d’un épuisement et surtout quand on voit ce que cela peut entraîner :

  • Anxiété

  • Dévalorisation

  • Perte de contrôle

  • Tristesse et pleures

  • Perte de plaisir

  • Manque d’entrain

  • Hypersensibilité

  • Absence d’émotion ou difficultés à les identifier et les exprimer

Signes comportementaux


Face à ce stress prolongé et aux différents signes (physiques, cognitifs, émotionnels, ..) qui l’accompagnent, le comportement change aussi. Et l’on remarque :


  • Un repli sur soi et isolement social

  • Une diminution de sa tolérance à la frustration

  • De l’Irritabilité

  • De l’agressivité

  • Une diminution de l’empathie

  • Un ressentiment envers ses collègues

  • Des comportements addictifs


Signes motivationnels (ou d’attitude)